mercredi 19 août 2026

Jean Claude Mbimbé, le crooner ténébreux

Il est des artistes comme ça qui sont tellement prometteurs, que leur évocation après
coup,  reste douloureuse, tellement on a l’impression que la mise sous parenthèse de leur carrière musicale, donne à penser qu’ils sont passés à côté de mémorables prestations ! JC Mime, le crooner ténébreux par excellence du makossa, fait partie de cette race.

Il est des artistes comme ça qui sont tellement prometteurs, que leur évocation après coup, reste douloureuse, tellement on a l’impression qu’ils sont passés à côté d’une grande carrière. C’est bien le cas de JC Mbimbé qui fait partie de ces goldens  boys, qui ne peuvent même pas parvenir à se départir de l’extraordinaire poussière d’or qui les auréolent ! Malgré qu’ils aient, semble-t-il décidé très tôt de mettre entre parenthèse, le monde du show-biz ! Pour des raisons que nous ne maîtrisons pas toujours d’ailleurs. Pourtant, bien au-delà de ce départ de la scène musicale camerounaise que l’on pourrait qualifier de prématuré, la force de leur apport à ce rythme qu’est le makossa, reste indéniable et en impose à tous !
Etond’a ndolo :Je ne voudrais avoir affaire qu’à cette fille qui a  promis de m’aimer éternellement, où est-elle ?/C’est elle qui sait ce dont j’ai besoin comme amour/qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve sur moi, c’est elle qui est ma vie sur cette terre/C’est elle qui sait ce dont j’ai besoin comme amour/ C’est elle que je portes dans mon cœur et c’est à elle que vous voulez m’arracher/ ne me laissez pas crever avec cette douleur/ c’est elle qui est ma vie sur cette terre/
Le chanteur à multiregistre

Lorsque Jean Claude Mbimbé apparaît dans les années 80 au devant de la scène musicale camerounaise, il se distingue tout de suite par la production d’un makossa sans pareil à nul autre. Bien que celui-ci soit concocté évidemment, par les mêmes ténors de l’équipe nationale dudit art. A l’instar du duo Ebanda Manfred et Villa Vienne, de Sallè John, le Pape de l’Ambass-bey ou encore d’un Douleur, dépositaire incontestable du Ngoso national, qui sont des auteurs-compositeurs qui ont sut mettre en branle, une âme particulière et singulière dans ce genre musical, Jean Claude Mbimbé donne à entendre aux mélomanes, un makossa inédit, sans toutefois ne pas être moderne ; un makossa roulant parfaitement sur ses mécaniques ; un makossa qui repose sur des sonorités à la coloration sombre, intimiste, avec une prédominance de thèmes romantiques, servi par un vocal aux accents rocailleux, profonds. Ce qui l’investit d’un air d’aîné qu’il n’est pas encore, dans un genre musical où il débarque tout nouvellement pourtant.
Et au fil des tablettes, à l’écouter attentivement, on se rend compte qu’il est autant à l’aise dans une technique de makossa au tempo assez lent, qui est celui de son premier album, que celui relevé, et  rapide, de sa deuxième tablette musicale.  
Le makossa à rallonge n’a aucun secret pour lui ; ce makossa à rallonge dont il partage la scène avec des artistes aussi prestigieux que Dina Bell, Ben Decca, Moni Bilè, Pierre De Moussy. Servi par une équipe nationale au grand complet, JC Mbimbè use avec brio, de tous les artifices nés au sein de ce groupe d’hommes dépositaire du makossa de ces années.
On le voit aussi s‘exprimer avec bonheur dans des slows qui ont traversé les époques ; les slows, cette spécialité exigeante, si prisée à l’époque par tous !

JC Mbimbé, parmi le quarte de tête des plus belles voix du makossa !

Son génie vocal qui est aussi particulier, est tout de suite associé à l’époque, à celui d’autres jeunes loups du makossa tels que Douleur, Guy Lobé, Charly Nellè, etc., Ce qui n’était en réalité qu’une étape vers la consécration, la reconnaissance finale constituée par son introduction dans ce classement, non officiel bien entendue, mais suffisamment révélateur, établi par l’entremise du bouche-à-oreille circulant en ces années-là, au sein des mélomanes de la ville de Douala. Ces mélomanes pour qui est fait le makossa ! Ces mélomanes qui s’en sont taillés un costume sur mesure ! Ces mélomanes des bars, cabarets, échoppes, circuits qui s’en sont finalement construit une ascèse ! Et pourquoi pas, un sacerdoce, comme le dit souvent, l’air grave, mon frère de la Cité sic, Mbapouck !  Et ce classement des mélomanes, jaloux de ce rythme et de ses acteurs, le fait émarger, et le maintient dans le quarté  de tête des makossa-man à l’habileté vocale la plus riche, en ces années 80-90 ! Quarté de tête évidemment constitué à part lui, des chanteurs  Dina Bell, Douleur et Ben Decca ! C’est dire l’énormité du talent de ce chanteur zézayant un peu de la langue, sans pour autant que cela n’ait pour effet de désharmoniser, de déséquilibrer ni même d’amoindrir, la qualité de sa production vocale !  Un JC Mbimbé est toujours reconnaissable entre mille makossa. Il n’est pas possible que l’on soit sujet à la confusion tellement le style de l’homme est manifeste. Tellement le vocal de l’artiste est inimitable ! Bien que question technique, rappelons-le toujours, son makossa ne s’éloigne point de celui aussi développé par des auteurs interprètes tels que Dina Bell, Pierre De Moussy, Moni bilè. Sous la férule de l’équipe nationale du makossa, bien entendue. 
Dibumbe : Des choses incroyables se déroulent dans la ville/ Des choses finalement assez difficiles à raconter/ Les filles de maintenant, développent de trop mauvaises habitudes/ de trop mauvais comportements/ Lorsque tout va bien, elles sont avec vous, mais lorsque tout va mal, elles vous abandonnent/je vais mourir, m’en aller, s’en trouver une femme à aimer/une femme à chérir/
(A suivre)
©Essombe Mouangue 2012
Consulter : musiquescamerounaises.blogspot.com
essombemouangue.blogspot.com
marevuedepressec.blogspot.com
Pour tout travaux de presse book, de portrait d’artiste, de représentation d’artiste, etc., Contactez Essombe Mouangue à ce numéro de tel : 33 02 21 82- 97810573 Douala Cameroun



samedi 31 mars 2012

Portrait Pierre De Moussy (suite et fin ) : Pierre De Moussy le crooner à succès estampillés makossa

 
(L’homme des tubes makossa étalés tout au long de sa carrière musicale)



Na wom-wom, Jomba jomba, Ndolo l’amour, Douala city, 2ème bureau, Diba, les titres à succès

Le talent de cet artiste au tempérament assez réservé qui a su, de manière prudente, proposer au public des œuvres équilibrées, sans trop de prétention, en rapport avec les limites de son talent, ne pouvait que porter des fruits. Et ceci,  par la production de titres qui s’inscrivent durablement dans l’édifice makossa. Et, qui se déclinent surtout avec la manière, c’est à dire totalement estampillés makossa, d’un bout à l’autre de leur proposition, contrairement à ceux provenant d’autres intervenants de la même planète, frappée d’une hybridée flagrante ou même discrète. 
Et les chansons à succès de Pierre De Moussy sont nombreuses, elles s’étalent dès le début de ses albums connus jusqu’au dernier ! Une constance dans la distribution qui a permis à l’artiste de rester au sommet des hits makossa, tout au long de sa carrière. Sans que l’on puisse parler de passage à vide, tant qu’il était en activité. On citera principalement ces quelques titres : Na wom-wom, Jomba jomba, Ndolo l’amour, Douala city, 2ème bureau, Diba. Ce qui n’occulte en rien la qualité des autres tubes non cités ici !
 Cependant, tout au long de cette carrière brillante, sacrifié le passage obligé d’interprétation de certaines de ses œuvres dans les cabarets, il reste quand même difficile d’inscrire des artistes actuels dans la foulée du feeling de Pierre De Moussy.
Signalons quand même l’immense hommage rendu par les regrettés Tom Yom’s (encore lui) et Charlotte Mbango au créateur de Assenga tho, en reprenant, dans les années 90, de la manière la plus admirable possible, ce titre des plus évocateurs.
Mais, nous pouvons nous le dire sans avoir à nous en voiler la face, que De Moussy, ce digne ressortissant de la région du Haut Kam,  qui affectionne les casquettes et les bérets comme son pote, Dina Bell, demeure quand même un joyau des plus précieux de ces âges où l’on savait encore, ce que signifiait faire du makossa, et le faire bien !


Discographie : Na wom-wom – Jomba jomba – Radio Trottoir – Ndolo l’amour – Ka lonka – Assenga tho – Makom ma bobé – Na ndé wombé – Densi – Ba ndene – Koko – Lo si kele ndolam – Kouna waka – Man mout – Lambo na lambo te – Combi airlines – Na tondi – Diba -  Longue ke miango (tos-tos pas-pas) – Deuxième bureau – Itoued’a mouto – Douala city – Dibi – Lele mba – Calicy – Na won dengue – Na si monga – Bunya bo – Mousawedi mwa mota sawa – Mulemba.

©Essombe Mouangue 2012

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mardi 27 mars 2012

Pierre De Moussy le crooner rassurant




(Mission accomplie pour Pierre De Moussy qui sans trop faire de vague,  a produit un makossa qui ne dépare nullement l’histoire ce rythme dont maintes mélomanes, attendent encore beaucoup de bonnes réalisations)

Tout comme Dina Bell, Ben Decca, Moni Bilè, Pierre De Moussy fait partie de ces auteurs-compositeurs camerounais de la place parisienne qui ont largement illuminé de leurs titres, la planète makossa. Plus proche dans sa construction du makossa d’un Toto Guillaume, Dina Bell que de celui d’un Moni Bilè, sa contribution à cette musique a été certainement la production de ce makossa solide, rassurant, tant dans la thématique à la moralité toujours présente, que dans le strict respect des fondamentaux de ce courant musical.

Les chœurs, la rythmique, les cuivres, les percussions, les ingrédients d’un makossa réussi chez Pierre De Moussy.

Moins lyrique dans son vocal qu’un Dina Bell, Ben Decca, Jean Claude Mbimbé, le makossa de Pierre De Moussy est si équilibré dans sa conception que toute sa perfection apparaît dans un morceau tel que Douala city où la guitare rythmique de Toto Guillaume trône en maître, sans toutefois étouffer les autres instruments. Des sonorités qui, tout en restant festives, ne présentent rien de tapageur. On se plaît autant à les écouter qu’à les danser.  Même la guitare basse d’Aladji Touré est si bien intégrée à l’ensemble, que cette formulation privilégiée de ce rythme que l’on retrouve d’ailleurs, dans plusieurs autres titres à succès, aurait pu servir de viatique  au maintien et à l’élaboration d’un makossa tourné vers le futur. Ce qui n’a pas été malheureusement le cas, vu l’éclatement stylistique subi par le makossa, à partir des années 90. Cependant, ne manquons quand même pas de signaler dans cette construction mesurée du makossa de Pierre De Moussy, l’importance de l’intervention artistique de son arrangeur privilégié et ami qu’est Toto guillaume.
Douala city : Cette noise que vous me cherchez, je la connais mais je ne vous répondrai point/ oh ! Mère, je ne m’en sortirai pas de ce mariage/ Lorsque j’ai eu à faire connaissance de ta famille, ton père et ta mère m’ont reçu à bras ouvert/ Mais aujourd’hui, ils me jettent dans la rue/ Suis-je en passe de t’épouser ou d’épouser toute ta famille ?/ Est-ce  moi, père, mère qui souffre ainsi/ Je m’en retournerai chez vous/ Je m’en retournerai chez vous/ Je m’en retournerai/

Les similitudes d’exécution entre le makossa de Pierre De Moussy et celui de Moni Bilè

Il nous est déjà arrivé de développer la différence de conception ou d’arrangement entre les deux fomenteurs principaux[1] du makossa de cette époque que sont Toguy et Aladji Touré. Pour autant cependant que l’arrangement des créations de Pierre De Moussy et de Moni Bilè soit le fait principalement de ces deux arrangeurs, on observe quand même des similitudes quant à leur exécution de ce rythme. Celles-ci sont peut-être dues au fait que nous nous trouvons en présence de deux chanteurs de variété, à l’habileté vocale assez limitée. C’est peut-être l’une des raisons qui les a amenés à introduire, de longs temps de passage de chœurs à fortes dominances de tons féminins dans leurs morceaux. On sait que ceux-ci, par leurs qualités, viennent largement pallier l’insuffisance de leur vocal. Ils donnent une coloration sensuelle sans laquelle ces titres n’auraient pas eu autant de succès auprès des mélomanes.  
Il existe aussi des analogies dans l’utilisation des cuivres chez Pierre de Moussy et Moni Bilè. Ceux-ci, apparaissent comme de véritables pièces montées, servies par les mêmes instrumentistes de l’équipe nationale du makossa. On peut d’ailleurs même lier ces similitudes d’exécution au fait que les acteurs, en ce qui concerne l’exécution des cuivres, comme nous l’avons dit plus haut, étaient toujours les mêmes : Jimmy M’vondo M’velé, Tétè Fredo, Kom Roger, Féfé Priso etc., Ce qui laisserait supposer une certaine incapacité pour ces musiciens, indépendamment du travail de synthèse des arrangeurs,  à sortir des tics et des crispations longuement acquis dans la pratique de leur instrument de prédilection. 
Enfin, il leur est aussi arrivé de partir en tournée ensemble (Toto Guillaume, Dina Bell, Moni Bilè, Pierre De Moussy, etc.,) à travers l’Afrique. Ce qui ne pouvait que renforcer une camaraderie artistique qui n’était plus à questionner.
On observe aussi une longueur pratiquement identique des morceaux. Mais ceci n’est pas seulement le fait des chanteurs de makossa. La majorité des courants musicaux africains de l’époque, pour exemple le soukous par exemple, sacrifiait à cette tendance. Celle-ci donnait à ces morceaux, l’allure de plages musicales sans fin.
Ndolo l’amour : Hé ! Jeune fille ! Rapproche-toi !/ Hé ! S’il te plaît ! Calme-toi, je ne vagabonde plus / J’ai maintenant ma sécurité sociale : je suis sortie des « Circuits »/ Si j’étais mariée, je ne vagabonderais pas/ Ni ne vivrais cette grosse galère/ Le dehors est tellement difficile que si tu te choisissais un amour de « malchance » tu n’en récolteras que des tonnes de larmes/ C’est une grand-mère qui m’a confiée que s’il ne t’ai jamais arrivé d’essuyez les larmes d’un bébé, ce sera à ton tour d’en pleurer, lorsque tu atteindras ces âges fatidiques pour une femme, compris en 35 ans et 45 ans !/ Lorsque tu es mariée, tu as la sécurité sociale !/ Longuè la vie/ Ndolo l’amour/


Le travail thématique de Pierre De Moussy tourné vers les tourments amoureux et la discussion sociale


Cet artiste dont nous connaissons plus d’une trentaine de titres, a eu à privilégier dans sa carrière, des compositions traitant des relations homme et femme. Qu’il soit lui-même en action dans ceux-ci ou bien, comme un Ben Decca, se positionnant sur le point de vue des femmes (Ndolo l’Amour). C’est ce qui fait de lui ce crooner rassurant, débonnaire, déballant des arguments somme toute attendues par tous, quant à ce qui concerne les relations entre les hommes et les femmes. Et comme il appartient à cette époque qui a fait du slow un genre incontournable, il s’en est aussi servi, à sa manière,  pour étayer au besoin sa thématique. On notera aussi que la narration sociale lui a permis de développer des textes aussi forts que Combi Airlines, Longue ke miango, Douala city, Radio trottoir etc., on trouvera même dans sa discographie, comme autant de pièces rares, deux morceaux certainement chantés en Abo (Dibi, Man mout). Ce qui démontre certainement l’intérêt manifesté par les artistes de cette époque pour ces langues sans lesquelles, il leur manquera toujours quelque chose de spécieux, d’inattendue à exprimer. Signalons aussi que contrairement à un artiste tel que Dina Bell, dont on sent la constance artistique, du début de son œuvre jusqu’aux dernières pièces connues, Pierre De Moussy par contre, dénote d’une  bonne progression musicale, entre ces premières œuvres (Na wom-wom, Jomba jomba) à l’orchestration et au vocal assez approximatifs et les dernières ; celles qui ont vues l’éclosion de pièces musicales telles que Ndolo l’Amour, Douala city, Diba etc.,
Na wom-wom : Lorsque je suis partie de chez nous, je me disais que ma vie allait changer en bien, mais lorsque je suis arrivé à l’étranger (France), j’ai dû déchanter/ même la famille, j’ai dû me résoudre à ne plus y croire/ On te reçoit les premiers jours rien que pour te siphonner, ceci fait, le lendemain tu es jeté dans la rue !/ Mon frère, écoute mes cris de détresse, qu’ils te servent d’enseignement avant qu’il ne t’arrive d’y vivre  (à l’étranger) comme une personne endeuillée ! Mais ne veux-tu plus rester ? Non ! La France (l’Occident) me dépasse ! Je ne veux plus y rester ! Ne peux-tu plus supporter ? Non ! La France me dépasse ! Je ne veux plus y rester ! 

(A suivre)
©Essombe Mouangue 2012

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[1] Consulter le portrait sur Moni Bilè.

mercredi 7 mars 2012

Jean Claude Mbimbé, le crooner ténébreux



Il est des artistes comme ça qui sont tellement prometteurs, que leur évocation après
coup,  reste douloureuse, tellement on a l’impression que la mise sous parenthèse de leur carrière musicale, donne à penser qu’ils sont passés à côté de mémorables prestations ! JC Mbimbé, le crooner ténébreux par excellence du makossa, fait partie de cette race.

Il est des artistes comme ça qui sont tellement prometteurs, que leur évocation après coup, reste douloureuse, tellement on a l’impression qu’ils sont passés à côté d’une grande carrière. C’est bien le cas de JC Mbimbé qui fait partie de ces goldens  boys, qui ne peuvent même pas parvenir à se départir de l’extraordinaire poussière d’or qui les auréolent ! Malgré qu’ils aient, semble-t-il décidé très tôt de mettre entre parenthèse, le monde du show-biz ! Pour des raisons que nous ne maîtrisons pas toujours d’ailleurs. Pourtant, bien au-delà de ce départ de la scène musicale camerounaise que l’on pourrait qualifier de prématuré, la force de leur apport à ce rythme qu’est le makossa, reste indéniable et en impose à tous !
Etond’a ndolo :Je ne voudrais avoir affaire qu’à cette fille qui a  promis de m’aimer éternellement, où est-elle ?/C’est elle qui sait ce dont j’ai besoin comme amour/qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve sur moi, c’est elle qui est ma vie sur cette terre/C’est elle qui sait ce dont j’ai besoin comme amour/ C’est elle que je portes dans mon cœur et c’est à elle que vous voulez m’arracher/ ne me laissez pas crever avec cette douleur/ c’est elle qui est ma vie sur cette terre/ 
Le chanteur à multiregistre

Lorsque Jean Claude Mbimbé apparaît dans les années 80 au devant de la scène musicale camerounaise, il se distingue tout de suite par la production d’un makossa sans pareil à nul autre. Bien que celui-ci soit concocté évidemment, par les mêmes ténors de l’équipe nationale dudit art. A l’instar du duo Ebanda Manfred et Villa Vienne, de Sallè John, le Pape de l’Ambass-bey ou encore d’un Douleur, dépositaire incontestable du Ngoso national, qui sont des auteurs-compositeurs qui ont sut mettre en branle, une âme particulière et singulière dans ce genre musical, Jean Claude Mbimbé donne à entendre aux mélomanes, un makossa inédit, sans toutefois ne pas être moderne ; un makossa roulant parfaitement sur ses mécaniques ; un makossa qui repose sur des sonorités à la coloration sombre, intimiste, avec une prédominance de thèmes romantiques, servi par un vocal aux accents rocailleux, profonds. Ce qui l’investit d’un air d’aîné qu’il n’est pas encore, dans un genre musical où il débarque tout nouvellement pourtant.
Et au fil des tablettes, à l’écouter attentivement, on se rend compte qu’il est autant à l’aise dans une technique de makossa au tempo assez lent, qui est celui de son premier album, que celui relevé, et  rapide, de sa deuxième tablette musicale.  
Le makossa à rallonge n’a aucun secret pour lui ; ce makossa à rallonge dont il partage la scène avec des artistes aussi prestigieux que Dina Bell, Ben Decca, Moni Bilè, Pierre De Moussy. Servi par une équipe nationale au grand complet, JC Mbimbè use avec brio, de tous les artifices nés au sein de ce groupe d’hommes dépositaire du makossa de ces années.
On le voit aussi s‘exprimer avec bonheur dans des slows qui ont traversé les époques ; les slows, cette spécialité exigeante, si prisée à l’époque par tous !

JC Mbimbé, parmi le quarte de tête des plus belles voix du makossa !

Son génie vocal qui est aussi particulier, est tout de suite associé à l’époque, à celui d’autres jeunes loups du makossa tels que Douleur, Guy Lobé, Charly Nellè, etc., Ce qui n’était en réalité qu’une étape vers la consécration, la reconnaissance finale constituée par son introduction dans ce classement, non officiel bien entendue, mais suffisamment révélateur, établi par l’entremise du bouche-à-oreille circulant en ces années-là, au sein des mélomanes de la ville de Douala. Ces mélomanes pour qui est fait le makossa ! Ces mélomanes qui s’en sont taillés un costume sur mesure ! Ces mélomanes des bars, cabarets, échoppes, circuits qui s’en sont finalement construit une ascèse ! Et pourquoi pas, un sacerdoce, comme le dit souvent, l’air grave, mon frère de la Cité sic, Mbapouck !  Et ce classement des mélomanes, jaloux de ce rythme et de ses acteurs, le fait émarger, et le maintient dans le quarté  de tête des makossa-man à l’habileté vocale la plus riche, en ces années 80-90 ! Quarté de tête évidemment constitué à part lui, des chanteurs  Dina Bell, Douleur et Ben Decca ! C’est dire l’énormité du talent de ce chanteur zézayant un peu de la langue, sans pour autant que cela n’ait pour effet de désharmoniser, de déséquilibrer ni même d’amoindrir, la qualité de sa production vocale !  Un JC Mbimbé est toujours reconnaissable entre mille makossa. Il n’est pas possible que l’on soit sujet à la confusion tellement le style de l’homme est manifeste. Tellement le vocal de l’artiste est inimitable ! Bien que question technique, rappelons-le toujours, son makossa ne s’éloigne point de celui aussi développé par des auteurs interprètes tels que Dina Bell, Pierre De Moussy, Moni bilè. Sous la férule de l’équipe nationale du makossa, bien entendue. 
Dibumbe : Des choses incroyables se déroulent dans la ville/ Des choses finalement assez difficiles à raconter/ Les filles de maintenant, développent de trop mauvaises habitudes/ de trop mauvais comportements/ Lorsque tout va bien, elles sont avec vous, mais lorsque tout va mal, elles vous abandonnent/je vais mourir, m’en aller, s’en trouver une femme à aimer/une femme à chérir/
(A suivre)
©Essombe Mouangue 2012
Consulter : musiquescamerounaises.blogspot.com
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